Encausse et son histoire…

Situé dans le piémont pyrénéen, dans la vallée du Job, ouverte au nord vers la plaine de la Garonne et fermée au sud par le massif de Cagire (1912 m), Encausse, en Haute-Garonne, appartient au pays de Comminges. Le village (606 habitants), à ne pas confondre avec Encausse du Gers, a porté successivement les noms d’Encausse, d’Encausse-les-Bains au moment du développement du thermalisme au XIXe siècle, puis d’Encausse-les-Thermes à partir de 1921. C’est un de ces villages d’eaux si nombreux encore au début du XIXe siècle : 14 stations thermales dans le seul Comminges.

Encausse a toujours exploité ses eaux sulfatées calciques magnésiennes aux vertus réputées dans le traitement du paludisme et des maladies hépatiques. L’activité thermale saisonnière a toujours complété les revenus du travail agricole, principale activité du village. Cette organisation a cessé progressivement après la seconde guerre mondiale et définitivement avec la fermeture des thermes en 1968.

L’occupation de son territoire est fort ancienne comme l’attestent un puisard gallo-romain dans le captage de la source thermale et l’appareillage des murs du château du Plech qui le domine caractéristique du premier art roman méridional (XIe siècle).

Les thermes

Les thermes actuels ont été édifiés par la municipalité d’Encausse. Préalablement, les anciens bâtiments thermaux ont dû être démolis en 1870, les thermes privés Dargut rachetés et rasés à leur tour avec l’ancienne mairie qui se trouvait à l’emplacement actuel de l’ensemble thermal.

La buvette fut achevée avant le nouvel établissement de bains, en 1873. Pavillon octogonal, elle possédait deux portes et six fenêtres, murées en 1950 pour accueillir les fresques de Nicolas Greschny (1911-1985). Une rampe circulaire était installée au rez-de-chaussée pour permettre l’accès à la buvette, située en contrebas de la rue.

En 1882, le conseil municipal fit étudier un projet d’établissement de bains avec salles d’hydrothérapie. Ces nouveaux thermes, de style néo-grec, furent édifiés entre le Job et la rue de la Fontaine, entre un parc et un jardin.

Thermes

La façade, large de 32 mètre est dotée d’un péristyle central en légère avancée auquel on accède après avoir gravi cinq marches. Il se compose de deux colonnes doriques en marbres d’Italie. Sur les avancées des côtés se détachent deux pilastres engagés. Au-dessus, l’entablement soutient une arcature plein cintre autour de laquelle est installé un bas relief sculpté par G.Ardignac en 1929. Il représente deux nymphes assises dos à dos. Elles sont séparées par une cascade jaillissant de la bouche d’un dauphin. Ce poisson stylisé occupe le sommet du fronton, devant un arc coquillé. La nymphe de droite recueille l’eau thermale dans une coupe, tandis que sa compagne la reçoit en douche. Sur les côtés du fronton se déploient des rosiers. Dans les écoinçons du bas, ce sont des fougères. Sous la chute d’eau, la clé de l’arc en plein-cintre est sculpté de congélations. L’ouverture en plein-cintre possède un vitrage sablé dont le triptyque représente un jet d’au et des bulles de style Art déco.

Le péristyle est recouvert d’un toit à deux pentes couvert d’ardoises et la façade est prolongée par deux ailes ouvertes de six fenêtres moulurées.

Sur l’arrière, du côté du Job, s’ouvre un péristyle beaucoup plus simple. Les colonnes de marbres sont remplacées par des pilastres. L’arcature plein-cintre est maçonnée intérieurement, sans sculptures. Deux galeries en « L » le flanquent l’édifice. Il contient 24 cabines et quatre salles d’hydrothérapie à la fin des années 1880. L’aile de gauche, prolongée abrita ce que l’on appela la Galerie des glaces, qui, de mémoire d’Encaussais, abrita de nombreuses festivités.

A 20 m de l’établissement, a été édifiée une tour des machines, haute de 15,50 m, se composant de trois étages. Le rez-de-chaussée est occupé en 1888, par une chaudière à foyer intérieur, une machine à vapeur d’une force de trois chevaux et une pompe aspirante et foulante ; les étages supérieurs, par deux bassins en tôle superposés où l’eau acquiert le degré de pression et la température nécessaire pour l’administration des douches et des bains. Le bassin supérieur avait une capacité de 16m3 ; il recevait par un large tuyau l’eau minérale que puisait la pompe dans un réservoir souterrain, et destinée à alimenter le bassin inférieur où s’opèrait le chauffage de l’eau. La hauteur moyenne des bassins était de 12 m pour assurer la pression dans les salles d’hydrothérapie. Ceci explique la hauteur de ce qui reste le bâtiment le plus élevé d’Encausse.

Le château du Plech

Altitude : 511 m

Il domine les villages d’Encausse et de Régades.

Mentionné pour la première fois en 1080 ce petit château était composé d’un corps de logis, d’une tour, d’une cour carrée au rez-de-chaussée voûté, d’une basse –cour et ceinturé de murailles dans lesquelles on distingue encore les trous de boulin qui permettaient de fixer les échafaudages lors de la construction. Les murs, épais de 1m30, était long de 60m15 au nord et de 73m75 au sud.

Quant à sa hauteur, elle atteint encore 6m30 dans les parties les plus hautes.

Au temps des guerres de Cents Ans, en 1360, il renfermait une garnison commandée par le vicomte Pierre Arnaud qui menait régulièrement des expéditions contre les troupes du roi de France.

Il fut détruit durant les guerres de Religion, en 1567, après avoir soutenu un siège de 6 semaines contre les troupes protestantes de Jean Guilhem de la vallée d’Aure (Hautes Pyrénées)…

Seule la tour résista jusqu’ à la fin du XIX ie siècle.

Lors de l’installation sur le site d’une croix en l’honneur des morts le la Grande Guerre, on a découvert des débris de tuile indiquant que le corps de logis était couvert de lauzes.

Le calvaire

Réalisé en 1920 par Guillaume Betbèze, en hommage aux morts de la guerre de 1914-18, le calvaire fut béni en 1921 par l’abbé Cistac, originaire de la commune, en présence d’une foule nombreuse, venue d’Encausse et des villages voisins.

Les croix ont été remplacées en 1987. Au centre du calvaire, la statue du Christ a été réalisée par le sculpteur Alain de la Devèze, installé à Clarac (Haute-Garonne).

Le château de Ros

Au lieu-dit Ros s’élevait une ancienne demeure seigneuriale abandonnée par ses propriétaires à la Révolution.

Tombée en ruines, ses vestiges furent rachetés par François Salle, dit Folichon. Ses pierres servirent de carrières lors de l’édification des maisons du quartiers des thermes.

Une plaque de cheminée et des boiseries, seuls témoins de l’existence de ce château, se retrouvent chez les descendants de Folichon.

Les autres châteaux de la vallée du Job

Dans la vallée du Job, outre le château du Plech d’Encausse-les-Thermes, étaient installés d’autres châteaux médiévaux :

  • Izaut-de-l’Hôtel dont la même base voûtée subsiste au pied de l’ancienne tour.
  • Le château de l’Etoile à Cabanac possède également les substructions d’une tour. La présence d’un mortier rose indique qu’ il s’agissait d’une citerne .
  • Et les château de Cazaunous, d’Arbon et de Juzet d’Izaut…

Pourquoi autant de petits châteaux dans la petite vallée du Job ? Pour en protéger la paix. Châteaux ou maisons fortes surveillaient les vallées et gardaient les issues. Au début du Moyen Age jusqu’au XIV e siècle, le réseau de tours des vallées luchonnaises et garonnaises était un admirable instrument de signalisation rapide en cas de danger. Les tours de nos châteaux de la vallée du Job possédaient peut-être aussi un rôle de signalisation.

Le Job

Encausse-les-Thermes est situé dans la vallée du Job. Cette rivière prend sa source quelques kilomètres plus au sud, au-dessus de Juzet-d’Izaut et draine les eaux des massifs de Cagire et de Gar. Le Job arrose donc Juzet-d’Izaut, Izaut de l’Hôtel, Cabanac-Cazaux, Encausse-les-Thermes, avant de se jeter dans le Ger à Lespiteau.

Les eaux qui passent sous le pont principal du village font partie d’une réserve de pêche et abritent des truites et des écrevisses. On parle encore de cette fameuse truite bleue qui pesait 10 kg à sa mort en 1927!

Les eaux du Job abritent aussi un petit mammifère nocturne découvert en 1811, le Desman des Pyrénées (Galemy pyrenaicus) qui ne vit que dans les Pyrénées, le nord de l’Espagne et le Portugal. Mesurant 10 à 12 cm, le double avec sa queue, il a la particularité de posséder une trompe tactile et préhensible, des pattes antérieures palmées et une fourrure imperméable car il se nourrit des larves d’invertébrés qu’il déniche dans la boue des petites rivières, torrents et lacs. C’est un animal vulnérable à ne pas déranger.

job et sa rivière

Les eaux du Job alimentaient des canaux d’irrigation pour les champs et plusieurs moulins à Encausse, une scierie. Plusieurs cascades jalonnent son cours que l’on peut suivre en remontant l’allée du Moulin.

Des crues peuvent survenir. L’avant dernière a emporté la passerelle qui menait à la boulangerie Florane, seul en subsiste les marches réalisées avec des pierres de meules.

Le Job et ses affluents ont bénéficié depuis 2006 du programme de réhabilitation et d’aménagement des cours d’eau du bassin versant du Job engagé par la Communauté de Communes des Trois Vallées en partenariat avec l’Association de Formation et d’Insertion pour le Développement Local. Des personnes en réinsertion professionnelle ont ainsi nettoyé la rivière de monceaux d’encombrants datant de l’époque où l’on n’avait pas d’autre solution que de jeter ce qui encombrait à la rivière. (De ces rebuts sont nées des sculptures exposées au S.I d’Encausse puis à l’O.T d’Aspet). Les berges de la rivière ont été dégagées de la végétation en excès obstruant le cours d’eau et ses berges. Prévu pour 5 ans, le programme va bientôt s’achever. Espérons que les riverains sauront prendre le relais.